Foire aux Questions sur le Green Muscle
® 1. Qu'est ce que la lutte biologique classique? 2. En quoi la lutte microbienne est-elle différente? 3. Le Green Muscle® est-il efficace au champ? 4. Les mycopesticides sont-ils utilisés en Europe ou aux Etats-Unis? 5. Comment le Green Muscle® agit-il? 6. Le Green Muscle® est-il sain? 7. Les champignons sont-ils en mesure d'échapper au contrôle dans l'environnement ou sont-ils capables de muter? 8. Les souches exotiques du champignon sont-elles en mesure de perturber l'écologie indigène? 9. Quelles sont les dispositions phytosanitaires en la matière? 10. Quel sera le prix du Green Muscle®? 11. Quelle différence y-a-t-il entre locustes et sauteriaux? 12. Quelles sont les perspectives?La Lutte Biologique est une stratégie de gestion des ravageurs (y compris les maladies et les mauvaises herbes) en utilisant des organismes existants dans la nature contre les organismes ravageurs. Dans le cas d'un ravageur envahisseur ou exotique qui a été introduit, il est préconisé de suivre l'approche de la lutte biologique 'classique' en retournant à la région d'origine du ravageur pour y chercher les ennemis, tels que les guêpes parasitaires ou des insectes prédateurs spécifiques qui pourraient être importés pour lutter contre le ravageur, sans qu'on ait besoin d'autres interventions particulières. C'est la méthode la plus préférée partout où cela est applicable.
Etant donné que les locustes et les sauteriaux sont indig
ènes aux zones d'infestation, leurs ennemis naturels cohabitent avec eux, ce qui écarte la lutte biologique classique comme option de gestion. Bien que des parasites et prédateurs naturels attaquent les populations de locustes, ils n'empêchent pas forcément des dégâts économiquement considérables. De plus, il serait difficile de produire et de propager la plupart de ces agents de lutte en quantité suffisante pour obtenir un impact réel. Pour ces diverses raisons, la recherche a mis l'accent sur les pathogènes. Certains parmi eux occasionnent des épizooties (épidémies dans des populations animales), mais ils aussi ne peuvent pas toujours prévenir des pullulations. Cependant certains pathogènes peuvent être produits sur des milieux artificiels et appliqués avec des équipements conventionnels bien connus. Donc il est relativement facile à augmenter leur présence parmi des populations denses de locustes ou de sauteriaux. Le Green Muscle® est appelé mycopesticide parce qu'il est obtenu à base du champignon entomopathogène (mycos en Grec) Metarhizium anisopliae var acridum.Des essais conduits
à grande échelle en milieu réel utilisant les mycopesticides contre les criquets ont démontré de façon constante une efficacité similaire à celle des pesticides chimiques, quoiqu'avec une action plus lente. Appliqué à une dose de 50 g/ha, Green Muscle cause généralement des réductions de densité de 80-90% dans des populations libres en 2-3 semaines. Des doses plus basses produisent des réductions similaires, mais peuvent prendre plus longtemps à les achever. L'action plus lente des mycopesticides comparée aux pesticides chimiques favorise leur utilisation dans des zones écologiquement sensibles et pour des opérations de lutte préventive où les locustes sont éloignés des cultures. La plupart des pays en proie aux attaques des locustes préfèrent la lutte préventive. La lutte contre les sauteriaux par contre peut être menée plus proche ou même à l'intérieure des cultures, parce que leurs densités sont généralement plus basses et ils sont moins mobiles. En plus, des sauteriaux malades consomment moins que ceux qui sont sains.Les mycopesticides sont homologués et utilisés en Europe et aux Etats-Unis pour lutter contre tout une gamme de ravageurs, y compris les aphides, les mouches blanches, les thrips et les foreurs de tiges. Un produit a été homologué aux E.U. pour la lutte antiacridienne, mais son efficacité n'était pas satisfaisant sous les conditions du terrain. Un autre produit, à base du même champignon que le Green Muscle mais une souche différente, est utilisé en Australie contre plusieurs espèces de criquets et sera homologué bientôt. Son nom est Green Guard®. L'utilisation répandue du Green Muscle en Afrique et en Asie et du Green Guard en Australie et en Extrême-Orient suscitera probablement plus d'intérêt aux Amériques et en Europe. En fait, des essais seront menés aux E.U. et au Canada.
Les spores de champignons sont formulées dans l'huile et appliquées par des appareils de pulvérisation ordinaire. Les gouttes tombent sur l'insecte et se collent à sa cuticule. Parfois, certaines spores atteignent indirectement l'insecte, par exemple
à partir de la végétation qui a reçu la formulation, à partir d'autres insectes infectés, etc. Après contact, les spores pénètrent la cuticule dans l'intervalle de 24 heures et l'infection se propage dans la cavité du corps de l'insecte, réduisant ainsi son appétit et le mettant dans un état apathique. Dès lors, l'insecte se déploie à augmenter la température de son corps pour se débarrasser de l'infection, mais généralement sans y parvenir. Une fois mort, l'insecte tire sur le rouge et s'il n'est pas mangé par des prédateurs, produira des spores sur le corps, montrant ainsi les signes de mort par infection par le champignon.Les champignons deuteromycètes sont fortement spécifiques et attaquent principalement les insectes h
ôtes et les genres de la même famille. Différentes espèces de champignons peuvent avoir différentes gammes d'hôtes. Il y a dès lors des intérêts concurrentiels à développer des souches de champignons avec une gamme très réduite d'hôtes pour la protection de l'environnement et le développement des souches avec une gamme d'hôtes beaucoup plus large pour des besoins commerciaux. Un criblage intensif pour la gamme d'hôtes permet aux chercheurs de sélectionner les souches qui ont le moins d'effet possible sur les organismes non cibles. De façon routinière, les principales souches sont testées pour la toxicité aux mammifères, aux oiseaux et autres. La variété particulière de champignon proposée pour lutter contre les locustes et les sauteriaux est fortement spécifique à ces insectes. Cette souche et des souches parentées ont récemment été placées dans la variété de Metarhizium anisopliae nommeé 'acridum'.Les champignons proviennent du m
ême environnement dans lequel ils sont lâchés et s'affaiblissent rapidement sous la chaleur et les rayons solaires, après quelques semaines. Bien que les chercheurs veulent maximiser la persistance de ces applications au champ, il y a très peu de preuves de niveaux de persistance naturelle importants au-delà de trois semaines, même dans les environnements humides. Il n'y a probablement pas plus de mutations dans les mycopesticides que dans l'environnement naturel. De plus, la consistance génétique est suivie par le fabricant en vue de garantir la qualité et la fiabilité du produit.Ceci dépend de la définition que l'on donne
à 'exotique'. Il n'est pas rare de trouver la même souche de champignon dans plusieurs régions. Et là où il y a des différences génétiques, elles sont souvent négligeables. Par exemple, les souches isolées à partir des sauteriaux ou locustes en Australie, au Madagascar, en Afrique et en Amérique du Sud sont remarquablement uniformes. La zone écologique des ravageurs migrateurs comme les locustes, par exemple, est assez vaste, et leurs pathogènes naturels sont tout aussi bien dispersés. Des procédures de réglementations phytosanitaires trop restrictives au plan national pourraient constituer un handicap à l'utilisation transnationale des souches qui, en réalité, proviennent de la même région.En 1998, la FAO a élaboré des directives pour le transport transfrontalier et l'utilisation des pesticides microbiens. Certains pays ont leurs propres directives et il y en a d'autres qui sont en train d'
être dévéloppées en Afrique par les pays du CILSS. Les Etats-Unis ont récemment publié leurs règlements EPA, ce qui fournit un cadre assez complet.A cours terme, les mycopesticides pourraient co
ûter entre 10$ a 20$ par ha, ce qui revient plus cher que la plupart des produits chimiques. Les avancées dans la technologie de production, telles que l'utilisation les déchets de substrats de biomasse, les améliorations par échelle, et la concurrence contribueront tous à la baisse du prix des mycopesticides à moyen terme.D'un point de vue systématique, il n'y a aucune différence entre les sauteriaux et les locustes. Tous deux appartiennent
à l'ordre: Orthoptera, au sous-ordre: Caelifera, et à la super-famille: Acridoidea avec les familles Pyrgomorphidae et Acrididae. Les deux termes sont utilisés surtout pour décrire les différences notoires dans les comportements. Les locustes se comportent tout simplement comme les sauteriaux, quand les densités de leurs populations sont faibles. Ils ne s'aggrègent pas, c'est-à-dire, ne deviennent pas grégaires et forment de grands essaims. Mais aux densités de populations plus élevées, les locustes deviennent grégaires et peuvent former de grands essaims. Ils changent complètement de comportement à cause des changements dans leur système hormonal. De plus, ils changent certaines caractéristiques morphologiques et leur couleur. La capacité à se former en grands essaims est ce qui fait des locustes des ravageurs assez redoutables. Les criquets pèlerins deviennent grégaires à de densités de population comparativement faibles. Le criquet sénégalais a besoin de densités beaucoup plus élevées pour se former en grands essaims. Cependant, il y a tout une gamme d'espèces avec des tendances différentes pour devenir grégaires.L'utilisation des formulations huileuses des spores de Metarhizium est la seule technologie actuellement testée pour la lutte biologique contre les locustes. Cependant, la recherche suit son cours dans plusieurs domaines. Par exemple, il serait possible de produire des 'blastospores' de Metarhizium en fermentation liquide, ce qui serait plus rapide et moins cher que la production des conidies aériennes. D'autres champignons sont beaucoup plus virulents, comme Sorosporella et Entomophaga, mais ils sont difficiles
à produire sur des substrats artificiels. Jusque-là, les virus et les bactéries n'ont pas été assez prometteurs, mais des développements assez intéressants sont enregistrés avec les protozoaires. Bien qu'il n'ait pas connu de succès au plan commercial, Nosema locustae pourrait être une composante utile d'un programme de lutte intégrée, quoiqu'avec un effet plus lent. D'ailleurs, la récente découverte de Johenrea locustae augure bien de choses comme agent de lutte biologique.[ Main Page (Anglais) | Page principale (Français) | Sommaire du Projet | Essais au champ ]
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